Rebecca Ruiz

Conseillère nationale suisse, criminologue

Naturalisation facilitée: Un signal en faveur de l’intégration réussie

Lausanne Cités: Vous êtes favorable à la naturalisation facilitée. Selon quels arguments?

Rebecca Ruiz: Nous parlons de jeunes de moins de 25 ans nés ici, dont l’un des parents a vécu en Suisse au moins 10 ans et dont les grands-parents ont obtenu un droit de séjour. Ces jeunes considèrent notre pays comme le leur! Et il n’y aura pas d’automaticité: ils devront déposer une demande. Enfin, cantons et communes pourront toujours se prononcer sur les cas et les refuser le cas échéant.

L’UDC, qui combat ce texte, estime qu’en l’acceptant, la quantité primera sur la qualité, la forme sur le contenu…

24’650 jeunes sont potentiellement concernés sur près de 2 millions d’étrangers en Suisse, soit 1,23%. On est loin des naturalisations de masse ! Pour 70%, ces jeunes sont européens du sud: italiens, espagnols, portugais. Souvent, leur famille réside ici depuis près de 50 ans. Ils sont plus qu’intégrés. Mais encore une fois, ils devront faire une demande. Il n’est question que de simplifier la procédure.

… et qu’il ne laisse rien apparaître sur la qualité réelle de l’intégration, sur l’acceptation des valeurs suisses et la connaissance du fonctionnement de nos institutions…

Un jeune mal intégré qui ferait une demande ne l’obtiendra pas. Les communes et les cantons continueront d’être consultés. J’ai siégé longtemps à la commission des naturalisations à Lausanne, je vous assure que les communes et leurs élus proches du terrain font le job.

Dans le fond, n’est-ce pas un combat inutile dans la mesure où les représentants de la 3ème génération peuvent se faire naturaliser facilement selon la procédure actuelle?

Certains cantons, comme le nôtre, le prévoient mais ce n’est de loin pas le cas partout en Suisse! Il s’agit aussi de donner un signal en faveur de l’intégration réussie et envers les résidents qui se sentent Suisses de cœur.

Les commentaires sont fermés.

Menu